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12 mars 2006

Valparaíso - Mendoza - HUMAHUACA III

De Puerto Montt, au centre du Chili, nous avons donc pris le train pour rejoindre la capitale chilienne où nous ne sommes pas restés bien longtemps. Je m'attendais à une ville moderne et quelconque, en fait c'est une ville avec quelques beaux bâtiments et des quartiers agréables, de nombreux étudiants et des bus de partout. Nous nous dirigeons ensuite vers VALPARAISO, sur la côte pacifique, pour découvrir une ville assez surprenante...classée au patrimoine mondiale par l'Unesco. On y rencontre le fou du village et on évite de justesse les bas-fonds des quartiers les plus criminalisés. Notre bonne étoile nous guide et nous passons une très belle journée ensoleillée à parcourir la ville d'un bout à l'autre, d'un cerro à un autre cerro. De cette ville historique, nous quiterons le Chili par la très spectaculaire route des Andes et rentrerons dans la province argentine de MENDOZA, région des vins et du soleil. On loue une voiture pour une semaine et s'échappe de la ville. Première étape au hasard, Santa Rosa, petit village sur la route de San Luís. On dort sur l'herbe grasse du centre sportif du village, tout se passe très bien, les villageois prennent bien soin de nous, les enfants nous offrent des parts de gâteaux, nous posent mille questions, ils sont super cute ! Puis, nous passerons par La Sierra de las Quijadas, province de San Luis,, paysage désertique comme dans Las Bardenas (au sud de la Navarre, espagne). Plus tard nous passerons par Difunta Correa dans la province de San Juan. Difunta Correa est une légende à elle seule, véritable lieu de culte, de dévotion et pélerinage. On prend une douche à la station service. Direction el Valle de la Luna, toujours dans la province de San Juan. Spectacles arides, désertiques, voire lunaire, avec Guanacos et cie... Sur la route, entre cactus et carcasses de vaches, cheveaux, on a un petit probleme mécanique, on doit s'arrêter pour une petite réparation de roulement dans le village de San Juan del Valle Fertil... Il est midi passé, le mécano est super sympa, sans prendre le temps de manger, il démonte la roue et cours chercher la pièce de rechange au magasin du village. Pour preuve, il me donne la partie du roulement brisé, que je garde précieusement dans la boîte à gants. Je passe quelques détails ... bref, retour vers Mendoza pour ne pas rater les dégustations de vins, cepage MALBEC) dans les Bodegas et encore nous rencontrons des argentins bien sympas au camping de Maipú. Je rebois le MATE, sans sucre, un peu amer. Leur auto de marque Renault, une Renault 12 ou 14, je ne sais jamais roule au gas naturel, apparemment très répandu en Argentine, 80% plus économique que l'essence, et plus propre semble-t-il? Je passe aussi sur la visite des Bodegas et sur la traversée de la campagne viticole... la note "6 milliards de solitude" vous donnera une aperçu, nous en reparlerons... L'épisode suivant sera une petite engueulade avec le crétin de la location d'auto qui fait fi de connaître la mécanique comme le fond de son slip. Ce piniouf me dit que le roulement à bille est celui d'une moto et que nous nous sommes fait anarquer par le mécano du bled, hum... ça commence à me gonfler sec car il insiste et me fait passer pour un petit menteur ou un gros naîf, bref, le ton monte, je sors mon castillan rapeux de Navarre, et là, la situation bascule. Le branquignole propose d'appeler un garagiste pour me prouver que le roulement que je lui ramène ne peut en aucun cas provenir d'une Opel Corsa. Manque de pot pour le gus, le garagiste confirme qu'en effet, le roulement est bien celui d'une telle pétoche, ce qui n'a rien à voir avec un roulement de Renault Clio. Du coup, le gars est mouché, il ferme son clapet de roquet péteux et nous rembourse les frais du garage... (trois cacahouetes, genre 13€)... Les grèves de la compagnie aérienne Aerolineas Argentinas empêche notre amie Julie de rentrer à Montréal, elle repousse de 4 jours son retour, nous reprenons la route, vers SALTA (17 heures de bus, semi-couchette, très confortable!!) Les bus longue distance argentins sont sur deux étages et comprennent plusieurs repas, des boissons à volonté, des films, couvertures et même parfois on peut jouer au Bingo! SALTA est une grande ville (environ 500 000 habitants) a majorité amerindienne et métisse, avec de biens beaux bâtiments de style colonial, probablement la plus belle ville que nous ayons visité depuis Buenos Aires. Ça grouille les vendredis et samedis soir. Je mange du bon Locro (bientôt dans la nouvelle rubrique RECETTE de ce blougue, hé hé).

 

 HUMAHUACA

À Salta, nous récidivons, nous loueons une deuxième auto... direction le nord, San Salvador de Jujuy. On fait escale à S.S. de Jujuy, ville très Quechua, plus encore que Salta, cependant moins grande et moins belle que la grande soeur du sud. Le village de Volcán ouvre les portes de la Quebrada de Humahuaca. Nous avons survecu les barrages routiers entre Tilcara et la ville de Humahuaca, la viande de llama (estofado con tomate), la nuit à SUSQUES à plus de 3600 metres d'altitude dans l'Altiplano andin, la traversée des montagnes (Abra de Lipan - plus de 4000 m), puis des grandes salines, ambiance suspence, car sur la réserve d'essence de la petite Fiat, ET enfin, nous voilà cette fois à Humahuaca toujours dans la province de JUJUY, tout au nord. Cette région fut jadis bolivienne, puis chilienne, finalement ce sont les argentins qui l'occupent, par contre les visages (yeux et cheveux noirs charbon, la peau brune), la culture y est très clairement Quechua. À Susques, on se croirait en Bolivie, rien d'Argentine, si ce n'est la bière (Salta, Andes, Quilmes, etc). Bref, ici, j'ai pour mission de retrouver Miguel Eduardo Calapeña, un natif du coin, pour témoigner du passage deux années plus tôt de tonton et tantine motards, afin d'éclaircir le mistère de la CARPA (la toile de tente)... Oui, une toile de tente qui fut envoyée de la ville de Córdoba, Argentina, par mon oncle à ce jeune Quechua pour qu'il puisse confortablement dormir lors du pélerinage annuel à Punta Corral, en hommage à la madre tierra. Le taxi me dépose devant la maison en brique de boue séchée (adobe), je frappe, personne. Le voisin de droite me dit d'essayer la maison de gauche. Je lance des petits cailloux sur la porte, pour ne pas me faire bouffer le molet par un chien dont je ne connais ni l'humeur ni les vaccinations... raté ! C'était la deuxième maison à gauche, je frappe de nouveau. Un petit cul bouffi ouvre et me regarde d'un oeil agressif, inquisiteur, la grande imposture... genre, "qu'est-ce tu veux toi le blanc gringo avec ta face de poireaux?" J'explique l'histoire du tonton, bref, la grande soeur raboulle dix minutes plus tard, je rexplique l'épopée familiale.... tout ça pour apprendre que le gus Calapeña ne rentrera pas avant cinq jours. Je ne suis pas plus avancé, toujours pas de nouvelles de la tente de camping. Je rentre à pied... Allez zou, la Quebrada de Humahuaca est encore un site digne du patrimoine de l'humanité de notre pote Unesco, un vrai délice pour les yeux, je ferais des photos tous les 100 metres, un panel de couleurs chaudes, cherchez tous les jaunes et oranges et ils vous en manquent encore !! La chaleur nous écrase, si bien que nous en profitons pour nous abriter dans un local internet à 2 pesos de l'heure (cher si on considère que nous avons déjà payé 1 peso de l'heure (environ 30 centimes d'euro)... Encore une nuit au camping "La Carolina" et nous reprendrons la route du sud... direction Salta, encore elle. Il ne me reste plus d'alcool à rechaud, va falloir qu'on suce des racines d'Algorrobo pour survivre la traversée aride du retour, ha ha. Bon, ça va, il y a juste de quoi pour un dernier MATE sucré. Une dernière nuit à SALTA, puis le bus option luxe, semi-couchette, de FlechaBus, overnight, pour rejoindre la grosse capitale où nous respirerons nos derniers gaz toxiques argentins et claquerons allègrement nos derniers pesos comme des malditos gringos... Voilà, "se acabó" ou presque. On vous rassure, nous ne nous sommes pas fait enlever par une bande révolutionaire armée Guaraní ... le retour sur Vienne fut long mais sans problème de douannes, malgrè les 12 kilos de Yerba Mate et cet antique masque de fertilité Mapuche que nous avons ramené pour les futurs mariés... L & A !! Hasta Siempre.