22 mars 2006
ITINÉRAIRE - I
Voici en quelques points le détail de nos 6 semaines avec l'hébergement à chacune des nuits ainsi qu'un état du temps au quotidien :
8 FÉVRIER : Wien - Madrid - Buenos Aires avec Iberia (environ 900 € par personne) - Nuit dans l'avion.
9 FÉVRIER : Arrivée à Buenos Aires - Chascomus (Province de Buenos Aires) - Gros soleil - Nuit chez des connaissances.
10 FÉVRIER : Buenos Aires (arrivée de Julie de Montréal) - Gros soleil - Nuit chez des connaissances.
11 FÉVRIER : Buenos Aires - Gros soleil - Nuit chez des connaissances.
12 FÉVRIER : Buenos Aires - Gros soleil - Nuit chez des connaissances.
13 FÉVRIER : Buenos Aires - El Calafate, province de Santa Cruz, Patagonie (vol aller simple, environ 100 $US) - Gros soleil - Nuit au camping.
14 FÉVRIER : El Calafate - Glaciar Perito Moreno. Soleil avec quelques nuages - Nuit au camping.

15 FÉVRIER : El Calafate - El Chaltén. Gros soleil - Nuit en auberge.
16 FÉVRIER : El Chaltén - rando dans le parc Los Glaciares. Temps couvert avec quelques éclaircies - Nuit au campement du parc.
17 FÉVRIER : Retour à El Chaltén. Averses continuelles à partir de midi - Nuit en auberge.
18 FÉVRIER : El Chaltén - rando dans le parc Los Glaciares. Quelques averses - Nuit en auberge.
19 FÉVRIER : El Chaltén - Los Antiguos, province de Santa Cruz (en Bus) - Gros soleil - Nuit au camping municipal.
20 FÉVRIER : Los Antiguos. Journée couverte - Nuit au camping municipal.
21 FÉVRIER : Los Antiguos - Chile Chico (CHILI) - Puerto Guadal. Couvert avec éclaircies - Nuit en auberge.
22 FÉVRIER : Puerto Guadal - Coihaique ) par la Carretera Austral. Quelques passages nuageux - Nuit en auberge (Hostería Ester).
23 FÉVRIER : Coihaique. Gros soleil - Nuit en auberge (Hostería Ester).
24 FÉVRIER : Coihaique - Chaíten (en minibus, environ 25 €). Gros soleil - Nuit en auberge.
25 FÉVRIER : Chaíten et environ. Belle journée. Nuit au camping.
26 FÉVRIER : Chaíten - Pluie continuelle jusqu'au soir. Départ pour Puerto Montt (en ferry, environ 8 €) - Nuit sur le bateau.
27 FÉVRIER : Puerto Montt. Nuageux avec éclaircies et averses. Nuit en auberge (Hospedaje Sur).
28 FÉVRIER : Puerto Montt. Pluies et éclaircies - Départ pour Santiago de Chile (en train) - Nuit dans le train.
1 MARS : Santiago de Chile. Gros soleil - Départ pour Valparaíso - Nuit en auberge.
2 MARS : Valparaíso. Gros soleil. Nuit en auberge.
3 MARS : Valparaíso - Départ pour Mendoza, Argentine (en bus, environ 17 €). Location de voiture Opel Corsa pour une semaine - Soleil - Nuit à Santa Rosa, province de Mendoza. Camping sauvage.
4 MARS : Sierra de las Quijadas, province de San Luís. Gros soleil - Nuit au campement du parc.
5 MARS : Sierra de las Quijadas - San Juan - Difunta Correa, province de San Juan. Gros Soleil - Camping sauvage.
6 MARS : Difunta Correa - San Agustín del Valle Fertil - Parc Ischigualasto (valle de la luna). Gros soleil - Nuit au campement du parc.
7 MARS : Valle de la luna - Los Berros. Gros soleil - camping sauvage.
8 MARS : Los Berros - Pedernal - Maipú, province de Mendoza. Gros soleil. Nuit au camping.
9 MARS : Maipú et ses vergers. Gros soleil - Nuit au camping.
10 MARS : Maipú - Mendoza. Gros soleil - Départ pour Salta (en bus Andesmar Coche cama, environ 38 € par personne) - Nuit dans le bus.
11 MARS : Salta. Gros soleil - Nuit au camping municipal.
12 MARS : Salta. Gros soleil - Nuit au camping municipal.
13 MARS : Salta. Retour de Julie vers Buenos Aires en bus. Location de voiture (petite Fiat) pour 4 jours - San Salvador de Jujuy. Gros soleil - Nuit en auberge.
14 MARS : San Salvador de Jujuy - Quebrada de Humahuaca - Purmamarca - Salinas Grandes - Susques. Gros Soleil - Camping sauvage à 3660 mètres d'altitude.
15 MARS : Susques - Tilcara - Humahuaca. Gros soleil - Nuit au camping "la Carolina".
16 MARS : Humahuaca. Gros soleil - Nuit au camping "la Carolina".
17 MARS : Humahuaca - Uquía - Tilcara - Volcán - Ruta 9 vers Salta. Soleil - Nuit en auberge.
18 MARS : Salta - Départ pour Buenos Aires (en bus Flechabus semi-cama, environ 50 €). Gros soleil - Nuit dans le bus.
19 MARS : Buenos Aires. Gros soleil. Nuit chez nos connaissances.
20 MARS : Buenos Aires - Retour vers l'europe. Nuit dans l'avion.
21 MARS : Arrivée à Vienne autour de midi.
Les trois ou quatre notes suivantes relatent les différentes étapes de notre voyage avec quelques anecdotes et réflexions que je rajoute au fur et à mesure que je prends le temps de m'y atteler, poil au nez.
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Buenos Aires - Patagonia - II
15 heures de vol c'est long. La première impression du sous-continent est le survol des terres agricoles le long du fleuve Uruguay, là ou se dessinent trois frontières, le brésil, l'uruguay et l'argentine. Puis, c'est Rio de Plata, un delta rougeâtre à l'échelle américaine, avec une largeur pouvant atteindre 300 klms à ce que m'a dit un argentin dans l'avion... c'est quand même douteux. J'ai déjà le sentiment que les argentins sont tous un peu marseillais... Bref, le premier et véritable contact terrestre sera dans la voiture du REMIS de la Legua (une compagnie de taxi) qui a pour mission périlleuse de nous acheminer aux "head quarters" de Anton Kraus Latinoamerica. Je dis "périlleuse" car conduire à Buenos Aires, c'est pas de la tartelette à la fraise. Aussi à ce qu'on m'a dit, les argentins n'ont pas grands troubles à obtenir leur permis de conduire, il suffit de répondre à trois questions et même parfois de graisser la papatte, et hop, on peut doubler à fond les biélons, à droite, à gauche, sur la bande d'arrêt d'urgence, couper les lignes continues, rouler à cheval entre deux voies et klaxonner à tout champs pour faire dégager les encombrants... Bien qu'un peu crispé à la place du co-pilote, je me suis souvenu des histoires de conduite chevaleresque de Marinux. Le pire c'est que les avenues de Buenos Aires comportent au minimum 3 voies, la plus large en ayant 8 environ (one way), c'est 9 de Julio. Conduire est donc comme jouer au flipper. Anton Kraus est un bavarois qui a monté sa boite de machinerie d'embouteillage de bouteille (en verre, plastique, whatever), c'est notre contact à Buenos Aires. Grosse Mercedes Benz immatriculée au Paraguay, vitres teintées, on est à peine arrivé qu'on repart déjà pour un tour de poursuite automobile vers Chascomus, à environ 180 klms au sud de la capitale fédérale. Anton roule en seigneur à 160 klm quand la loi autorise 100... bref, une tête brûlée du zigzag. Quand je ne regarde pas la route, je vois les premières viandes à grande vitesse, des troupeaux de bétails de part et d'autre de l'autoroute...Chascomus c'est déjà la Pampa, c'est vert, c'est tranquille, des vaches et des moustiques. Puis, on transite des champs au supermarché JUMBO, 46 caisses, moderne, propre, attrayant, on s'approvisionne pour la PARRILLADA (le barbecue) de ce soir. Du supermarché à la résidence privée et surveillée (en anglais "gated community", en espagnol "barrio privado"), on passe devant les VILLAS DE MISERIA de Buenos Aires (les bidonvilles argentins), genre camps de réfugiés en taule et plastique dans la boue, les enfants jouent à la baballe crevée le long des poubelles et de l'autoroute, il paraît que ça forge le caractère. Je me souviens alors de la belle chanson d'Aznavour qui dit qu'au soleil, la misère est plus facile à supporter... hum. Donc, on arrive à La Laguna del Sol, un de ces nouveaux quartiers en vogue, où les classes aisées se retrouvent entre clôtures et vigiles armés, c'est une ambiance sympa, un peu comme aux douanes américaines. Une illusion de tranquilité, un confort artificiel, une maison stéréotypée avec la bobonne péruvienne, je veux dire l'esclave péruvienne. Nous mangeons notre premier ASADO (viande au barbac), c'est pas une légende, c'est trés bon, surtout autour de la piscine (hé hé). BUENOS AIRES, métropole de 15 millions de porteños, qui transitent sans arrêt, ça grouille, ça sent la pollution à plein cancer. Je discute politique avec les chauffeurs de taxi, ils sont adorables, ils chantent avec leur semi accent italien, j'adore. Les quartiers LA BOCA, SAN TELMO, RECOLETA, SAN ISIDRO, PUERTO MADERO, puis TIGRE et le centre ville des artères à n'en plus finir. Je mange mes premières empanadas.
Julie, Anna et moi, partons pour la PATAGONIA avec un vol intérieur hautement polluant pour rejoindre El Calafate (coût de 85 euros aller simple par tête de pipe). Aerolineas Argentinas, 3 heures de vol. On survole la steppe patagonienne jusqu'aux rives du Lago Argentino, le plus grand lac du pays, semble-t-il. Un mélange d'ocre et turquoise parsemé de taches vertes et grises, des arbustes et des roches. L'attraction du coin est le fameux glacier Perito Moreno, le seul bout de glace qui avance de quelques centimètres par semaine, un pied de nez au réchauffement climatique. Spectaculaire, féerique ! Je rencontre encore des argentins avec qui nous parlons politique... les argentins s'amusent (comme nous les français grandes gueules) à parler politique, tout le monde est d'accord. Deux jours plus tard, nous rejoignons en bus (environ 11 heures de route de terre pour faire 250 klms pas plus, par la mythique route 40, genre tape-cul pour 50 $US par personne de paysages de toute beauté) le village touristique de El Chaltén, portes du parc national LOS GLACIARES. C'est cher par rapport à l'avion, mais ça vaut le coup! Le parc des glaciers est certainement un incontournable de la Patagonie argentine, avec ces pics enneigés : Fitz Roy, Torre, et bien sûr ces nombreux glaciers aux couleurs quartz blanc, rose et turquoise. On y reste environ 4 nuits, quelques randos bien sympas même si le deuxième jour on se fait complètement rincer. Mais, comme récompense nous découvrons la pâtisserie Los Salteños, un délice à prix défiant toute concurrence. Julie découvre son addiction au DULCE DE LECHE. On se gave. Directions Los Antiguos, au nord, encore une longue journée de bus avec de superbes paysages, des guanacos, des chevaux, des vaches, des autruches nommées réas et ma rencontre intime avec ce qui ressemblait à un gros lapin sans oreilles... un ragondin ou un rongeur de la même famille. Je faisais tranquillement pipi au pied d’un petit buisson quand monsieur rongeur est passé par-là, m’a regardé du coin de l’œil et a repris son chemin. Los Antiguos est un village paisible au bord du grand lac Lago Buenos Aires, toujours dans la province de Santa Cruz. Le village est réputé pour ses vergers et son festival de la cerise. Les chacras (fermes agricoles de petite taille) offrent des produits locaux et des petit-déj à toute heure de la journée. A trois kilomètres se trouve la frontière chilienne et un peu plus loin Chile Chico, le village du soleil (ah bon !?).
Carretera Austral
Los Antiguos (2 nuits) - Chile Chico (passage au Chili). Nous ne restons que quelques heures dans ce petit village frontalier (qui semble jouir d'un micro climat ensoleillé...) pour nous rendre en colectivo à Puerto Guadal à quelques kilometres au sud le long du lac General Carreras. Paysages superbes de la patagonie chilienne avec des vues surplombant les eaux turquoises du lac. La route de terre et caillasses sillonne en TABARNAK mais ça vaut franchement le coup.
Puerto Guadal est un petit village modeste avec un cimetière perché sur une légère colline. L'auberge où nous resterons, nous et nos autres amis voyageurs (deux suisses allemands et deux argentins de Buenos Aires) est celle d'un vieil homme, un personnage à lui seul, plein de blagues et d'histoires captivantes. La première question qu'il posa au chauffeur du colectivo en arrivant était si parmi nous il y avait des israéliens...? Semble-t-il que les israéliens ne sont pas les bienvenus ici. Nous devions tous rejoindre Cohaique et l'omnibus qui devait nous y amener au matin nous avisa à la dernière minute que le véhicule était en panne, ah ah! Du coup, Jorge et moi partons à la recherche d'un chauffeur potentiel qui allait nous conduire au croisement de la Carretera Austral à une dizaine de kilomètres de là, afin que nous attrapions le seul bus journalier pour Cohaique. Au bout d'une bonne heure de tergiversations stériles, le destin nous envoie chez les carabiniers locaux...qui nous expliquent que eux ont un véhicule mais qu'il ne faut surtout pas que les villageois nous voient monter dedans, sinon ça la fout mal !? Heureusement, la réputation des hommes de l'ordre ne sera pas souillée, par chance, un haut gradé nous trouve finalement un conducteur, qui passa nous chercher quelques minutes plus tard à la porte de la bonne auberge. OUF, on arrive à temps pour choper le bus de Cohaique. Au début on est debout, car en surcapacité, mais no big deal, des passagers descendent et nous voilà assis pour 7 heures de routes de terre (ripio) - Cohaique, n'offre pas grand intérêt si ce n'est la nature environnante... ça ressemble à la Suisse, champs, vaches et montagnes. À Chaiten ...rencontre avec une adorable famille de pêcheurs qui nous invite à nous réchauffer un peu et boire le mate autour du pôelle dans leur très humble maison en bois. Ça sent le poisson, le papa prépare la boisson, le mate est sucré. Des clients viennent acheter du poisson... le papa pêcheur est curieux, nous pose des questions et apprend que la Grande Bretagne est une île! Le soir même nous retournons à la Cocinería manger les empanadas aux fruits de mer préparées par son épouse... un délice. Moralité, ce sont presque toujours ceux qui ont le moins qui offrent le plus, nothing new. Je crois que ces quelques heures passées en leur compagnie resteront le point culminant de notre passage en Patagonie. Kiss kiss goodbye, Chaíten, nous rejoignons Puerto Montt (en traversier de nuit - 13 heures). La Carretera Austral s'arrète ici. Faut savoir que c'est ce connard de Pinochet qui fit tracer et construire cette route de terre, dans la région le dictateur semble populaire... on y trouve des monuments comémoratifs flambant neufs. Nous voilà maintenant à Puerto Montt et la pluie a enfin cessé... pour quelques heures. 2 jours plus tard, nous remonterons tranquillement en train vers Santiago de Chile...
On retrouve la chaleur et le soleil....poil aux orteils. À SUIVRE.
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12 mars 2006
Valparaíso - Mendoza - HUMAHUACA III
De Puerto Montt, au centre du Chili, nous avons donc pris le train pour rejoindre la capitale chilienne où nous ne sommes pas restés bien longtemps. Je m'attendais à une ville moderne et quelconque, en fait c'est une ville avec quelques beaux bâtiments et des quartiers agréables, de nombreux étudiants et des bus de partout. Nous nous dirigeons ensuite vers VALPARAISO, sur la côte pacifique, pour découvrir une ville assez surprenante...classée au patrimoine mondiale par l'Unesco. On y rencontre le fou du village et on évite de justesse les bas-fonds des quartiers les plus criminalisés. Notre bonne étoile nous guide et nous passons une très belle journée ensoleillée à parcourir la ville d'un bout à l'autre, d'un cerro à un autre cerro. De cette ville historique, nous quiterons le Chili par la très spectaculaire route des Andes et rentrerons dans la province argentine de MENDOZA, région des vins et du soleil. On loue une voiture pour une semaine et s'échappe de la ville. Première étape au hasard, Santa Rosa, petit village sur la route de San Luís. On dort sur l'herbe grasse du centre sportif du village, tout se passe très bien, les villageois prennent bien soin de nous, les enfants nous offrent des parts de gâteaux, nous posent mille questions, ils sont super cute ! Puis, nous passerons par La Sierra de las Quijadas, province de San Luis,, paysage désertique comme dans Las Bardenas (au sud de la Navarre, espagne). Plus tard nous passerons par Difunta Correa dans la province de San Juan. Difunta Correa est une légende à elle seule, véritable lieu de culte, de dévotion et pélerinage. On prend une douche à la station service. Direction el Valle de la Luna, toujours dans la province de San Juan. Spectacles arides, désertiques, voire lunaire, avec Guanacos et cie... Sur la route, entre cactus et carcasses de vaches, cheveaux, on a un petit probleme mécanique, on doit s'arrêter pour une petite réparation de roulement dans le village de San Juan del Valle Fertil... Il est midi passé, le mécano est super sympa, sans prendre le temps de manger, il démonte la roue et cours chercher la pièce de rechange au magasin du village. Pour preuve, il me donne la partie du roulement brisé, que je garde précieusement dans la boîte à gants. Je passe quelques détails ... bref, retour vers Mendoza pour ne pas rater les dégustations de vins, cepage MALBEC) dans les Bodegas et encore nous rencontrons des argentins bien sympas au camping de Maipú. Je rebois le MATE, sans sucre, un peu amer. Leur auto de marque Renault, une Renault 12 ou 14, je ne sais jamais roule au gas naturel, apparemment très répandu en Argentine, 80% plus économique que l'essence, et plus propre semble-t-il? Je passe aussi sur la visite des Bodegas et sur la traversée de la campagne viticole... la note "6 milliards de solitude" vous donnera une aperçu, nous en reparlerons... L'épisode suivant sera une petite engueulade avec le crétin de la location d'auto qui fait fi de connaître la mécanique comme le fond de son slip. Ce piniouf me dit que le roulement à bille est celui d'une moto et que nous nous sommes fait anarquer par le mécano du bled, hum... ça commence à me gonfler sec car il insiste et me fait passer pour un petit menteur ou un gros naîf, bref, le ton monte, je sors mon castillan rapeux de Navarre, et là, la situation bascule. Le branquignole propose d'appeler un garagiste pour me prouver que le roulement que je lui ramène ne peut en aucun cas provenir d'une Opel Corsa. Manque de pot pour le gus, le garagiste confirme qu'en effet, le roulement est bien celui d'une telle pétoche, ce qui n'a rien à voir avec un roulement de Renault Clio. Du coup, le gars est mouché, il ferme son clapet de roquet péteux et nous rembourse les frais du garage... (trois cacahouetes, genre 13€)... Les grèves de la compagnie aérienne Aerolineas Argentinas empêche notre amie Julie de rentrer à Montréal, elle repousse de 4 jours son retour, nous reprenons la route, vers SALTA (17 heures de bus, semi-couchette, très confortable!!) Les bus longue distance argentins sont sur deux étages et comprennent plusieurs repas, des boissons à volonté, des films, couvertures et même parfois on peut jouer au Bingo! SALTA est une grande ville (environ 500 000 habitants) a majorité amerindienne et métisse, avec de biens beaux bâtiments de style colonial, probablement la plus belle ville que nous ayons visité depuis Buenos Aires. Ça grouille les vendredis et samedis soir. Je mange du bon Locro (bientôt dans la nouvelle rubrique RECETTE de ce blougue, hé hé).
HUMAHUACA
À Salta, nous récidivons, nous loueons une deuxième auto... direction le nord, San Salvador de Jujuy. On fait escale à S.S. de Jujuy, ville très Quechua, plus encore que Salta, cependant moins grande et moins belle que la grande soeur du sud. Le village de Volcán ouvre les portes de la Quebrada de Humahuaca. Nous avons survecu les barrages routiers entre Tilcara et la ville de Humahuaca, la viande de llama (estofado con tomate), la nuit à SUSQUES à plus de 3600 metres d'altitude dans l'Altiplano andin, la traversée des montagnes (Abra de Lipan - plus de 4000 m), puis des grandes salines, ambiance suspence, car sur la réserve d'essence de la petite Fiat, ET enfin, nous voilà cette fois à Humahuaca toujours dans la province de JUJUY, tout au nord. Cette région fut jadis bolivienne, puis chilienne, finalement ce sont les argentins qui l'occupent, par contre les visages (yeux et cheveux noirs charbon, la peau brune), la culture y est très clairement Quechua. À Susques, on se croirait en Bolivie, rien d'Argentine, si ce n'est la bière (Salta, Andes, Quilmes, etc). Bref, ici, j'ai pour mission de retrouver Miguel Eduardo Calapeña, un natif du coin, pour témoigner du passage deux années plus tôt de tonton et tantine motards, afin d'éclaircir le mistère de la CARPA (la toile de tente)... Oui, une toile de tente qui fut envoyée de la ville de Córdoba, Argentina, par mon oncle à ce jeune Quechua pour qu'il puisse confortablement dormir lors du pélerinage annuel à Punta Corral, en hommage à la madre tierra. Le taxi me dépose devant la maison en brique de boue séchée (adobe), je frappe, personne. Le voisin de droite me dit d'essayer la maison de gauche. Je lance des petits cailloux sur la porte, pour ne pas me faire bouffer le molet par un chien dont je ne connais ni l'humeur ni les vaccinations... raté ! C'était la deuxième maison à gauche, je frappe de nouveau. Un petit cul bouffi ouvre et me regarde d'un oeil agressif, inquisiteur, la grande imposture... genre, "qu'est-ce tu veux toi le blanc gringo avec ta face de poireaux?" J'explique l'histoire du tonton, bref, la grande soeur raboulle dix minutes plus tard, je rexplique l'épopée familiale.... tout ça pour apprendre que le gus Calapeña ne rentrera pas avant cinq jours. Je ne suis pas plus avancé, toujours pas de nouvelles de la tente de camping. Je rentre à pied... Allez zou, la Quebrada de Humahuaca est encore un site digne du patrimoine de l'humanité de notre pote Unesco, un vrai délice pour les yeux, je ferais des photos tous les 100 metres, un panel de couleurs chaudes, cherchez tous les jaunes et oranges et ils vous en manquent encore !! La chaleur nous écrase, si bien que nous en profitons pour nous abriter dans un local internet à 2 pesos de l'heure (cher si on considère que nous avons déjà payé 1 peso de l'heure (environ 30 centimes d'euro)... Encore une nuit au camping "La Carolina" et nous reprendrons la route du sud... direction Salta, encore elle. Il ne me reste plus d'alcool à rechaud, va falloir qu'on suce des racines d'Algorrobo pour survivre la traversée aride du retour, ha ha. Bon, ça va, il y a juste de quoi pour un dernier MATE sucré. Une dernière nuit à SALTA, puis le bus option luxe, semi-couchette, de FlechaBus, overnight, pour rejoindre la grosse capitale où nous respirerons nos derniers gaz toxiques argentins et claquerons allègrement nos derniers pesos comme des malditos gringos... Voilà, "se acabó" ou presque. On vous rassure, nous ne nous sommes pas fait enlever par une bande révolutionaire armée Guaraní ... le retour sur Vienne fut long mais sans problème de douannes, malgrè les 12 kilos de Yerba Mate et cet antique masque de fertilité Mapuche que nous avons ramené pour les futurs mariés... L & A !! Hasta Siempre.16:25 Publié dans CONO SUR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
